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14.03.2007

Comme un film égyptien de Ron Barkaï

medium_film_egyptien.2.jpgLa sélection du jury du Télégramme compte dix ouvrages. Pour participer, il faut en lire au moins cinq. Vous pouvez retrouver ces ouvrages en librairie et dans les bibliothèques les plus proches de chez vous. Il est aussi possible d'échanger les livres entre vous. Un voisin, un habitant de votre commune a peut-être le livre que vous recherchez.

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Commentaires

Comme un film, se déroule sous nos yeux la vie de Yossef Alfondari, juif séfarade égyptien bourré de préjugés sur les arabes, les communistes, les askhenazes, les chiens et les chats, et tous ceux qui, de près ou de loin, n'entrent pas dans le moule de ses convictions.
En un long monologue, il relate sa vie, son enfance au Caire, où pour échapper à la tyrannie de son père, il s'enfuit d'abord à Alexandrie puis, quand est fondé l'état d'Israël, vers Jerusalem et enfin Tel-aviv.

Yossef Alfondari est un homme peu sympathique, il déteste sa femme et méprise ses enfants qu'il n'hésite pas à martyriser quand il ressent le besoin d'asseoir sur eux son autorité.
Aigri, marqué à vie par son enfance misérable, Yossef reproduira envers sa famille la cruauté dont il a eu à souffrir de la part de son père.
Joueur invétéré, il dilapide sans remords l'argent du ménage en sacrifiant à sa passion du poker.
Sioniste convaincu, il méprise et voue aux gémonies les arabes et tous ceux qui tentent de prendre leur défense.
Mais, et ce n'est pas la seule des contradictions qui habitent ce personnage, il voue une fervente admiration à la musique arabe et à ses grands interprètes que furent Oum Kalsoum, Fairouz, Abdelhalim Hafez et Farid El Atrash.
D'un naturel irascible, cet homme n'éprouve de plaisir qu'autour d'une table de poker, en compagnie de ses amis joueurs, où dans la dégustation matinale d'une tasse de café accompagnée d'une cigarette et en écoutant sur son tourne-disques une chanson d'Oum Kalsoum.

« Celui qui s'y entend vraiment en petits plaisirs quotidiens sait qu'on ne peut pleinement apprécier ces heures matinales sans musique. D'ailleurs chez moi, la musique compte parmi les ingrédients indispensables qui assurent un rythme soutenu à la circulation sanguine et une bonne préparation aux contraintes de la longue journée à venir. Dès l'instant où je sors du lit et jusqu'à ce que je quitte l'appartement, la platine de mon tourne-disque ne chôme pas. Ce qui est loin d'être aussi simple qu'on croit, car à chaque heure, à chaque moment d'une matinée, convient une musique particulière et il serait hors de question de se tromper. Après avoir posé mon finjan rempli d'eau sur le feu, je sors un disque d'Oum Kalsoum de sa pochette, l'essuie avec un foulard puis abaisse délicatement l'aiguille. Elle, la princesse du Nil, est la seule, l'unique capable d'envelopper le café d'une nuance à la fois triste et sucrée. Quand elle chante Feine al-ouyoun ( « Où sont les yeux. »), l'émotion me pince de l'intérieur et je sens les larmes monter, moi que rien d'autre ne fait pleurer... »

Car cet homme au coeur sec, brutal et intolérant, auteur d'un crime inavouable et resté impuni, nous décrit les petits moments de sa vie avec une justesse de ton et une sensualité débordante.
Il nous entraîne dans un tourbillon de saveurs, d 'odeurs, de sensations et de musique qui nous transportent et nous immergent dans cet univers moyen-oriental où se croisent, s'affrontent et s'influencent cultures, idéologies politiques et dogmes religieux.

Avec pour toile de fond, l'histoire tourmentée de la naissance de l'état d'Israël, « Comme un film égyptien » est un ouvrage captivant et foisonnant où même les personnages secondaires mériteraient d'être le sujet d'un roman à part entière. La prose de Ron Barkaï, envoûtante et riche de sensations, nous entraîne dans un récit tissé de drames, d'humour et de sensualité.

Ecrit par : Pascal | 23.03.2007

A propos des langues paternelles de David Serge.
Le livre est un fil tendu entre un fils et son père; on funambule, on vacille avec le narrateur: on court, tête en avant, bras écartés pour ne pas tomber; on s'arrête, on oscille, prêt à tomber. On rit aussi d'être tantôt séduit, tantôt consterné par ce père absent et immanquable.

Ecrit par : Anne Péron | 03.04.2007

A propos des langues paternelles de David Serge.
Le livre est un fil tendu entre un fils et son père; on funambule, on vacille avec le narrateur: on court, tête en avant, bras écartés pour ne pas tomber; on s'arrête, on oscille, prêt à tomber. On rit aussi d'être tantôt séduit, tantôt consterné par ce père absent et immanquable.

Ecrit par : Anne Péron | 03.04.2007

Comme un film égyptien:
L'écriture à la première personne est troublante car on a du mal à s'identifier à ce personnage raciste, dur avec les autres et surtout sa famille. A la fois détestable et pathétique tant il a lui même été maltraité, Yossef Alfondari nous amène dans un grand tourbillon ou se croisent de nombreux personnages hauts en couleur dans l'Egypte et Israël des dernières décénies. L'écriture est subtile, pleine de détails, on ne s'ennuie jamais dans ce film égyptien mené tambour battant.

Ecrit par : Marine Ruffat | 05.04.2007

Comme un film égyptien:
L'écriture à la première personne est troublante car on a du mal à s'identifier à ce personnage raciste, dur avec les autres et surtout sa famille. A la fois détestable et pathétique tant il a lui même été maltraité, Yossef Alfondari nous amène dans un grand tourbillon ou se croisent de nombreux personnages hauts en couleur dans l'Egypte et Israël des dernières décénies. L'écriture est subtile, pleine de détails, on ne s'ennuie jamais dans ce film égyptien mené tambour battant.

Ecrit par : Marine Ruffat | 05.04.2007

Pour Roni Barkai

le route est tres longue mais on ne voit pas encore la fin
Maurice Toledano

Ecrit par : Mr Toledano | 01.03.2008

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