24.03.2007
Un bon dieu pour les ivrognes (1/3)
Hélène Habasque
A mes fils
En pension, on m’avait mis. En pension, tout au bout là-bas, chez les péquenots, Notre-Dame-de-je-sais-pas-quoi, m’en rappelais plus, m’en foutais pas mal, personne m’avait demandé mon avis, personne, on m’avait simplement jeté dans le train avec ma valise et mon casse-croûte pace qu’on ne savait plus quoi faire de moi, que tout ça c’était pour mon bien, que le plus dur c’était pour eux, tu verras, tu viendras un jour nous remercier et bon voyage, alors Brest ou ailleurs, ça m’était bien égal, y’aurait eu marqué Trifouilly-les-Oies sur mon ticket, la belle affaire, j’allais en pension, et la pension, pas la peine de me raconter des bobards, c’est partout pareil, lentilles au lard et bite au cirage.
- Une institution très bien, avait promis Monsieur l’abbé, d’excellents résultats. Croyez-moi, votre fiston, on va le remettre sur les rails !
12:00 Ecrit par Prix des lecteurs dans Extraits, Hervé Bellec, Littérature, Un bon Dieu pour les ivrognes | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Hervé Bellec, Prix des lecteurs du Télégramme, livre















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