25.03.2007

Un bon dieu pour les ivrognes (2/3)

medium_bondieuivrogne.3.jpgJ’aurais tout donné, j’aurais donné cinq ans de ma vie et j’avais quoi, sagouin que j’étais, j’avais quatorze ans et demi à tout casser, pour ne pas y être sur ces foutus rails, mais, voilà, on m’avait réglé mon compte en deux coups de cuiller à pot sans que je puisse faire ouf et bon voyage encore une fois. J’ai embrassé les joues toutes mouillées de ma mère et j’ai sauté dans le train sans me retourner. Il y avait plein de marins dans le compartiment, il n’y avait que des marins. Moi, chialer devant des marins ? Plutôt crever.

J’ai trouvé une place près de la porte. Un vrai bazar que ce compartiment, un foutoir. Ça empestait à plein nez la cigarette et le jus de chaussette, le jus de chaussette de pied de marin.  Je les observais de biais. Ils sifflaient des canettes de bière à tire-larigot et c‘était à qui raconterait les histoires les plus dégueulasses. Le bordel à Tanger, les trois pédés sur l’île déserte, les fausses blondes. Des blagues à deux balles.

Tout seul dans mon coin, moi je préférais me tenir à carreau et faire semblant de ne pas les écouter. Je lisais un bouquin qui faisait de son mieux pour essayer de m’emmener ailleurs, au pays des ours blancs et des chercheurs d’or, mais peine perdue, c’est à Brest que j’allais.

Brest. Rien que le nom résonnait comme un ordre.

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Commentaires

J'adore ce genre de type qu'est Hervé Bellec - à un point !!!!

Ecrit par : yolaine | 20.09.2008

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