26.03.2007

Dominique Manotti et le roman socio-économique

medium_manotti.jpgAncienne syndicaliste revenue de tout, Dominique Manotti a une formation d’historienne. Voilà une quinzaine d’années, alors qu’elle terminait sa carrière d’enseignante, elle a commencé à écrire des romans qui tiennent à la fois du polar et du roman socio-économique.

Ne dîtes surtout pas à Dominique Manotti qu’elle écrit des « thrillers », elle s’empresse de corriger immédiatement : « Est-ce que j’écris des "thrillers" ? Je n’en suis pas persuadée (...). J’ai le sentiment d’écrire du roman noir, pas du "thriller". » A ce jour, en plus de « Lorraine connection », elle a signé quatre ouvrages : « Sombres sentiers », sur les ateliers clandestins de confection à Paris, « A nos chevaux », qui dénonçait la spéculation immobilière et les milieux hippiques, « Kop », où elle épinglait les magouilles du foot, et « Nos fantastiques années fric », dans lequel elle tirait à vue sur les affaires politico-financières des années Mitterrand. Une militante passionnée C’est d’ailleurs de cette périodelà qu’est née sa vocation d’écrivain. « J’ai commencé à écrire par désespoir, confie-t-elle. J’ai vécu les années Mitterrand comme la destruction de la gauche française, de ses idéaux, de ses projets, de la possibilité même de son existence. » Dieu sait, pourtant, que Dominique Manotti a cru aux « lendemains qui chantent » ! Dans les années 60 - elle avait alors une vingtaine d’années -, alors qu’elle est en faculté d’histoire contemporaine à Paris, elle adhère à l’Union des étudiants communistes. Puis, à partir de 1968, elle milite comme syndicaliste CFDT, a même des responsabilités importantes et participe aux luttes ouvrières des années 70. Mais arrivent la période 1981-1984 : en désaccord avec les rapports qu’entretiennent syndicats et pouvoir en place, elle quitte progressivement le mouvement syndical et se recentre sur l’enseignement de l’histoire économique du XIXe siècle. Un domaine qui n’est pas tellement éloigné de ses préoccupations : « La Révolution industrielle est la naissance de notre monde actuel », fait-elle remarquer. Curieusement, quand elle avait 12-13 ans, Dominique Manotti avait le projet d’étudier l’archéologie et de déchiffrer les cunéiformes crétois ! « J’étais fascinée par le fait de ressusciter des pans d’histoire humaine engloutie », explique l’écrivain. Un projet que les circonstances ont mis de côté mais qui trouve, cependant, un écho dans les romans que Dominique Manotti écrit depuis une douzaine d’années. Une solide documentation Pour chaque livre, en effet, elle effectue un important travail souterrain, se documente énormément en lisant des ouvrages sur le sujet et en consultant des journaux, rencontre des témoins ayant vécu les événements qu’elle veut décrire. Un travail qui lui prend six mois, pendant lesquels elle n’écrit pas une ligne. Ensuite, elle construit son histoire « comme une mécanique la plus précise possible ». Ainsi naissent ses romans noirs qui, assure- t-elle, « correspondent mieux au regard que je porte sur notre monde: un regard désespéré, avec une attention particulière portée aux marges noires de la société, sous ses apparences ordonnées et apaisées. »

Yves Loisel

Le site internet de Dominique Manotti : http://www.dominiquemanotti.com

Commentaires

J'ai lu dans cette article qu"A ce jour, en plus de « Lorraine connection », elle a signé quatre ouvrages", dont les titres sont cités à la suite.
Je voudrais dire qu'elle a aussi écrit "Le corps noir" qui est paru chez Seuil en mars 2004, et traite de la Gestapo à Paris en 1944, que l'auteur de cet article a manifestement oublié.

Ecrit par : Quidam | 27.04.2007

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