29.04.2007

Jérôme Tonnerre. « L’Atlantique Sud »

Scénariste reconnu, auteur (ou co-auteur) de près de trente films (« Un coeur en hiver », « Chouans », « Le Bossu »…), Jérôme Tonnerre a une autre belle corde à son arc : la littérature. Et les deux livres autobiographiques qu’il a publiés sont loin d’être passés inaperçus.

 

Est-ce parce qu’il a vécu une enfance qu’il qualifie lui-même de « solitaire et mélancolique » ? Toujours est-il que, depuis ses dix-neuf ans, Jérôme Tonnerre ne cesse de raconter des histoires. Pour lui ou pour les autres. Tout commence par le cinéma, évidemment. Passionné par le Septième art dès sa jeunesse, il a quinze ans quand il fait la connaissance de François Truffaut, qui enracine sa vocation en lui conseillant de devenir scénariste. C’était en 1974. Dès lors, l’adolescent sait pertinemment que sa vie se déroulera dans le monde du cinéma, ce qui avait le don « de faire ricaner ma mère », souligne-t-il. Mais les remarques maternelles n’y font rien : son fils persiste et signe… ses premiers articles dans la presse spécialisée, avant même d’avoir atteint ses vingt ans. Quant à sa relation avec François Truffaut, elle s’approfondira à un point tel qu’en 1976, Jérôme Tonnerre lui confiera : « Vous êtes pour moi comme un père ».

 

Un travail collectif

Puis, quelques années plus tard, tout en écrivant des ouvrages sur le cinéma, il devient scénariste et va travailler avec Claude Lelouch, Claude Sautet, Philippe de Broca, Yves Robert… Un travail effectué en étroite collaboration avec les metteurs en scène. « Un scénario est, avant tout, "parlé" », explique Jérôme Tonnerre. « On se raconte, on joue les scènes avant de les rédiger (…). Le cinéma est un art collectif », insiste-t-il. « Un livre, me semble-t-il, c’est le contraire : pour commencer, on l’écrit soi, et pour soi ». Mais quelle joie aussi pour ce scénariste de publier son premier livre, « Le petit voisin » (*), dans lequel il raconte sa rencontre avec François Truffaut. Car, non seulement son récit est bien accueilli par la critique et le public, mais, pour la première fois, il reçoit du courrier, ce qui ne lui était jamais arrivé pour ses films ! Et puis il a le sentiment d’avoir osé, enfin, prendre la parole à titre personnel, d’avoir franchi un pas énorme. « Pour autant, s’empresse- t-il d’ajouter, je ne me suis pas cru tenu de pondre mon oeuf annuellement et d’encombrer les rayonnages ».

 

En immersion totale dans sa chambre

Il a donc attendu sept ans avant de se mettre à un autre récit autobiographique, « L’Atlantique sud ». Pour écrire ce livre, il a profité d’une période où il ne travaillait pas sur un scénario. « Je me suis dit : "C’est maintenant ou jamais" ». Pas question, en effet, pour Jérôme Tonnerre de mélanger les genres et de mener de front plusieurs projets. « Lorsque j’écris un film ou un livre, je ne peux et ne veux que faire cela, en immersion totale. Je m’astreins donc à une discipline rigoureuse : jusqu’à l’achèvement du texte, je reste des journées entières dans la chambre sous les toits qui me sert de bureau. »

Yves Loisel

 

(*) Disponible dans la collection Folio.   

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