12.05.2007
Emmanuel Pons. Le don de la création
Auteur de chansons, de poèmes, artiste peintre, aujourd’hui écrivain… Emmanuel Pons semble être un touche-à-tout. De génie ? Rendez-vous dans quelques années… En tout cas, l’homme a le don de la création dans le sang.
Interviewer Emmanuel Pons n’est pas forcément une sinécure. Les réponses fusent, courtes, lapidaires même, paradoxales. Manifestement, il n’y a rien de conventionnel chez lui. Qui est-il donc ? Quand on relit ce qu’il a bien voulu nous confier, on sent qu’avant tout, on a affaire à un homme libre et créatif. Emmanuel Pons a pourtant suivi une scolarité qu’il qualifie luimême de « normale » au célèbre collège Stanislas, à Paris. Tout se gâte un peu ensuite. Vu ses capacités, il aurait dû intégrer une grande école, mais de son propre aveu, « ça me gonflait ». Une franchise qu’il complète en affirmant : « Je n’aimais pas l’école, je n’aimais pas apprendre. » Un temps, pourtant, il est devenu chef de pub dans une agence, mais - encore une fois - « ça me gonflait », et, de toute façon, il s’est fait renvoyer : on lui a fait comprendre qu’il avait trop d’idées !
Pas de hiérarchie ni d’horaire
C’est à 23 ans - en 1991 - qu’il trouve sa voie : immobilisé, le bas de la jambe dans le plâtre à la suite d’un match de foot, il se demande comment meubler les quatre semaines qu’il a devant lui. Une idée lui vient : terminer la peinture qu’il avait commencée… quand il avait sept ans ! Ainsi va la vie. Il continue à peindre et expose ses toiles dans le cabinet médical de sa mère: succès ! Il poursuit sur sa lancée, expose ses oeuvres, travaille comme un professionnel accompli. Aujourd’hui, Emmanuel Pons vit de sa peinture, ce qui est conforme à l’idéal de vie qu’il souhaitait : « Je voulais être libre, c’est-à-dire ne dépendre de personne, ne pas avoir d’autorité au-dessus de moi, pas de hiérarchie, pas d’horaire. » Comment en est-il arrivé à la littérature et à son premier roman,
« Je viens de tuer ma femme » ? Il faut d’abord préciser que l’écriture ne lui était pas inconnue : avant la peinture, il avait tâté de la poésie, de la chanson, sans avoir rien appris des techniques et sans grand succès non plus, il est vrai. Et puis, durant l’été 2005, se trouvant un peu désoeuvré, l’idée lui vient, à la suite d’une conversation avec sa compagne sur la mort et les faire-part de deuil qu’il faut envoyer dans ces circonstances, de se lancer dans un roman. « Je pense trop que la mort est naturelle : il ne faut pas en faire tout un plat. J’ai un rapport à la vie qui est très détaché. »
Une question d’énergie
Ainsi le roman trouve-t-il son point de départ. Emmanuel Pons se jette dans le travail et rédige son livre d’un seul jet, en un mois, sans élaborer de plan. Chaque matin, installé devant son ordinateur, il se demandait comment il allait continuer l’histoire. « Mon principe élémentaire : ne pas contraindre ». Fidèle à sa façon de vivre et de travailler, Emmanuel Pons laisse donc filer son imagination : « Il y a l’énergie qui est là, explique-t-il. J’ouvre le robinet et l’énergie sort. Je n’ai jamais travaillé dans la volonté. » En tout cas, l’auteur a des projets. Il a même d’autres livres tout prêts à être publiés : une pièce de théâtre empreinte de spiritualité zen, qu’il a écrite en un mois également, et deux autres romans. Actuellement, il prépare « un ouvrage de développement (très) personnel, spirituel en fait », précise- t-il.
Yves Loisel
14:10 Ecrit par dans Emmanuel Pons, Je viens de tuer ma femme, Littérature, Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Emmanuel Pons, Prix des lecteurs du Télégramme















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