« Rencontre avec Hervé Bellec à Plougastel-Daoulas, vendredi 25 mai à 18h30 | Page d'accueil | Un bon dieu pour les ivrognes »

31.05.2007

Hervé Bellec. « Un bon dieu pour les ivrognes »

Bien qu’habitant à Landerneau, Hervé Bellec ne fait guère de bruit, dans le monde des lettres. Pourtant, la dizaine de livres qu’il a écrits l’a solidement installé dans le paysage littéraire de Bretagne.


En ce mois de mars, Hervé Bellec est un peu l’homme qui revient du froid : à la demande de Géorama, l’éditeur brestois, il a, en effet, voici peu, effectué le trajet Moscou - Vladivostok sur le célèbre Transsibérien. Une chance pour ce professeur d’histoire de 52 ans, passionné par les voyages et la littérature qui s’y rattache. Du coup, avant de partir, il s’est rendu à la pointe de Corsen, le site le plus occidental de la Bretagne et de l’Europe, pour ramasser une pierre afin de la laisser à Vladivostok ! Un geste symbolique, dans la meilleure tradition des écrivains voyageurs.

Compostal, Compostelle…
Hervé Bellec s’inscrit d’ailleurs dans cette lignée. En 1986, sentant que l’abus de tabac et de bière menaçait de le faire sombrer, il largue les amarres, en l’occurrence le café qu’il avait acheté à une vieille dame de Plouguerneau cinq ans plus tôt. « Il fallait que je casse cette spirale. Je me sentais descendre », confie-t-il avec franchise. Direction : Compostelle. A pied, bien sûr. Une étrange coïncidence pour ce garçon qui, à 15 ans, avait été envoyé comme pensionnaire à… Compostal, un établissement scolaire de Rostrenen, tenu par des religieux ! C’est là qu’un professeur lui donne le virus de l’histoire. Mais la route qui mène ensuite à la faculté de Brest emprunte bien des bifurcations ! La musique - il joue de la guitare et du piano - l’attire. Mais ses espoirs de vivre de ses talents de musicien resteront du domaine du rêve. Comme il a un esprit rebelle et ne veut pas avoir un métier comme tout le monde, il enchaîne, pendant plusieurs années, les petits boulots : cuistot dans une boîte de nuit, plongeur, livreur de fuel, ouvrier dans une laiterie… 1986 et le voyage de Compostelle marqueront une grande rupture dans sa vie. Ne serait-ce que par le livre qu’il rapporte de son voyage, « Garce d’étoile », qui lui met le pied à l’étrier. Lui qui était déjà fasciné par la littérature, le voilà qui commence à se faire un nom.

Une vague inquiétude…
Dix ans plus tard, il publie un autre ouvrage qui lui vaut une reconnaissance encore plus large : « La Nuit blanche », sur la mort d’une jeune femme qui laisse derrière elle une famille et toute une bande d’amis. Grave, torturé, Hervé Bellec ? A lire ses autres livres (« Le beurre et l’argent du beurre », « Félicité Grall »…), on a, semble-t-il, affaire à un joyeux drille, qui aime passer un bon moment avec des copains, même s’il assure qu’aujourd’hui, il fréquente peu les bars et boit surtout du café. Mais dans son regard, comme entre les lignes de ses récits, on croit discerner une vague inquiétude, voire une angoisse. Un malaise qui perce quand Hervé Bellec confie, sans s’y attarder : « Quand ça ne va pas dans ma tête, je prends ma voiture et je vais dans les monts d’Arrée. Je fais le tour du Yeun Elez à pied, et le soir, ça va mieux. C’est une hygiène de vie, tout aussi mentale que physique. »

Yves Loisel

Le site internet d’Hervé Bellec : http://herve-bellec.site.voila.fr  

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