26.04.2007
Rencontre avec David Serge à Quiberon
La rencontre avec David Serge, auteur de Les langues paternelles, se déroulera à la bibliothèque municipale de Quiberon samedi 28 avril à 17h30.
09:10 Ecrit par Agence Texto dans David Serge, Les langues paternelles, Littérature, Rencontres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : David Serge, livres, Quiberon, Prix des lecteurs du Télégramme
20.04.2007
David Serge. Un auteur peut en cacher un autre
Dans le monde des lettres, le petit jeu des pseudonymes alimente régulièrement les conversations. À cet égard, David Serge a apporté une contribution non négligeable à cet aimable divertissement !
Au début de l’année 2006, arrivait en librairie le roman d’un inconnu, comme il en paraît quelques centaines à l’occasion de la « rentrée » de janvier : « les langues paternelles ». Auteur : David Serge. Un roman qui allait susciter des commentaires élogieux en même temps que des interrogations, certains critiques ayant flairé que le nom figurant sur la couverture n’était qu’un masque. Et puis, au mois de mai de la même année, on pouvait lire sur le blog du journaliste Daniel Schneidermann, créateur de l’émission « Arrêt sur images » sur France 5, une confession qui allait en étonner plus d’un : « Il y a plus de cinq ans, un texte a commencé à naître sur mon ordinateur. Il venait d’on ne sait d’où. Mais de loin. (…) Je regardais les mains qui couraient sur le clavier, et c’étaient les miennes. Le texte a inventé son auteur, il s’appelait David Serge. » Ce dédoublement de personnalité, le temps ne l’a pas effacé. Au contraire. On a même l’impression qu’il s’est accentué, renforcé, solidifié.
Cohabitation difficile
Aujourd’hui, quand on interroge l’auteur sur son parcours professionnel, par exemple, il répond sans détour : « La plupart de vos questions ne s’adresse pas à moi mais à Daniel Schneidermann. Il faudrait les lui adresser. Il répondra s’il veut. Moi, je peux tenter de dire si j’arrive à cohabiter avec lui, et encore. Disons que ça dépend des jours. » Dont acte. On ne saura donc rien sur le passage de l’écrivain au Centre de formation des journalistes de Paris, ni sur sa collaboration au Monde, où il a débuté en assurant la chronique de télévision, ni de ses démêlés avec ce journal, ni sur la création d’« Arrêt sur images », qui est pourtant devenue une référence en matière d’analyse médiatique… A l’heure actuelle, seul existe, semble- t-il, David Serge même si Daniel Schneidermann affirme : « Chacun respecte l’autre. Chacun son boulot, chacun sa voix. Un couple moderne. »
Deux livres en préparation
On a pourtant l’impression que David Serge a grandi, qu’il a pris du poids et qu’il va bientôt s’émanciper, prendre le large. « Depuis que j’écris, confie ainsi l’auteur des "Langues paternelles", il [Daniel Schneidermann] a cessé d’écrire des livres, lui. Je crois que ça ne l’amuse plus. » Il ne reste donc plus qu’à attendre la suite des ouvrages signés David Serge. Celui-ci annonce d’ailleurs qu’il en a deux en préparation. Des livres qui ont trait aux rapports entre la langue et l’identité : l’un sur les langues de l’amour et l’identité de l’être amoureux; l’autre sur les langues du sexe et l’identité sexuelle.
Yves Loisel
Blog de Daniel Schneidermann : http://www.bigbangblog.org
10:35 Ecrit par Prix des lecteurs dans David Serge, Littérature, Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : David Serge, Daniel Scneidermann, Prix des lecteurs du Télégramme
23.03.2007
Prix des lecteurs. Les langues paternelles (3/3)
Ce pourrait être une sorte d’immense pulsion de réconciliation, venue du fond du corps. On pourrait faire la paix, la paix des corps. Tu sens bon, c’est vrai. Tu as toujours senti bon, mon petit papa, on ne peut pas te retirer ça. L’eau de toilette, ce flacon merveilleux des salles de bains d’homme, ce luxe de Belleville. Le sent-bon, disais-tu. Eau de Belleville, de chez Nous les hommes. Cette odeur de poussière et d’eau de toilette, mêlée à la rumeur du marché de Ménilmontant, sous tes fenêtres. L’odeur et la rumeur du père. Tu as toujours donné sur rue, Maman a toujours donné sur jardin. Dormir sur rue, quelle idée. Pourquoi pas dans la rue ? Voilà peut-être pourquoi je ne me suis jamais senti chez moi, chez toi. Pas assez intime. Malgré la madone à la tête penchée, sa douceur sur le mur du fond. Trop de promiscuité avec les voitures qui démarrent au feu, les cris menaçants des passants, les pochards de minuit, le boulevard qui s’invite, cette dureté du boulevard.
Je touche les bandelettes à l’emplacement du nez. Je voudrais quelque chose. Ressentir dans mon corps le froid de ton présent, par exemple. Entrer dans ce froid-là, puisque je ne t’ai jamais eu chaud. Partager quelque chose. N’importe quoi pourvu que ce soit filial. Et le froid, pourquoi pas, puisque justement c’était ton truc, tu vendais des frigos. C’est le moment ou jamais, non ? Une sorte de solennel hommage. Quelque chose mais entrer. Mais non. Même pas froid. Alors, très vite, une main se retire et c’est la mienne. Peur de ton corps au fond. D’une voix du fond du père. Qui gargouille...
12:00 Ecrit par Prix des lecteurs dans David Serge, Extraits, Les langues paternelles, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Serge David, livre, Prix des lecteur du Télégramme
22.03.2007
Prix des lecteurs. Les langues paternelles (2/3)
Vous me le déballez, le client c’est moi, après tout. Mais je sais me tenir. Simplement plus tard, à la veillée, je refuse de porter la kippa que me tend Franz. Non mais. Pour qui me prennent-ils, cet Eternel de mes deux ces rabbins et mon frère ?
Donc pour me punir d’être en retard, ils ont décidé que je ne verrais plus jamais ton visage. C’est certainement une punition, ils ne connaissent que ça dans cette religion. Mais ils n’ont pas osé me le dire. Dans la religion juive c’est ainsi, justifie Maman, elle qui n’en savait rien la veille et qui n’en pense pas moins, à propos des juifs, des rites, des rabbins, tout le saint-frusquin, tout le toutim. Son petit cours de rattrapage rabbinique. D’ailleurs, elle non plus ne m’a pas regardé dans les yeux.
Ta chambre donnait sur le boulevard, mon petit papa. Et encore aujourd’hui, en cette dernière veillée, le boulevard s’est invité comme d’habitude, la rumeur du boulevard. La même odeur d’eau de toilette s’accroche au mur du fond où me regarde la Madone, tête penchée. La seule différence, c’est ce cercueil où tu es emballé. Il fallait bien que ça arrive. Et ça s’est fait sans moi. Tu es mort de toi-même. Je ne t’ai même pas tué. Je m’assois sur une chaise seul, à côté de toi. Et j’attends. J’attends des spasmes, un remords, une fureur, un effondrement, n’importe quoi pourvu que ce soit filial. Le fils aîné s’expose au chagrin majuscule. Il faut que l’heure soit grave, je suis disponible à la déferlante.
12:00 Ecrit par Prix des lecteurs dans David Serge, Extraits, Les langues paternelles, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Serge David, livre, Prix des lecteurs du Télégramme
21.03.2007
Prix des lecteurs. Les langues paternelles (1/3)
Je n’ai jamais particulièrement aimé les rabbins et ce doit être réciproque : pas une seule fois celui qui t’a emballé ne m’a regardé dans les yeux. Il faut dire que je suis arrivé en retard, un jour de retard, d’accord. Ce n’est pas une raison. J’étais tout de même le fils aîné. J’ai des droits. Je ne sais pas comment il a mis Maman et Franz dans sa poche, comment il les a convaincus de t’emballer, mon petit papa, mais quand je suis arrivé les travaux étaient terminés. Emballé. C’est un tout petit rabbin de bande dessinée, une sorte d’Iznogoud, on le passerait par-dessus le balcon d’une pichenette, mais il travaille vite. Il connaît sa partie, dit maman.
Alors je boude.
Ça tombe bien, c’est un de mes exercices préférés. Je ne vois pas pourquoi Franz aurait le monopole de la bouderie. Maman et Franz me regardent comme si j’allais faire un scandale, un gros caprice, un dernier pour la route. L’envie du gros caprice. Te faire déballer, par exemple. Ma crise d’autorité.
12:00 Ecrit par Prix des lecteurs dans David Serge, Extraits, Les langues paternelles, Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Serge david, livre, prix des lecteurs du Télégramme
14.03.2007
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07:30 Ecrit par Prix des lecteurs dans David Serge, Dominic Cooper, Dominique Manotti, Emmanuel Pons, Erik Orsenna, Hervé Bellec, Jean-Michel Delacomptée, Jérôme Tonnerre, José Eduardo Agualusa, Littérature, Ron Barkaï | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : auteurs, écrivains, prix des lecteurs du Télégramme














