16.04.2007

Rencontre avec Dominic Cooper à Brest

La Librairie Dialogues à Brest organise une rencontre avec Dominic Cooper le mardi 17 avril à 18 heures.

02.04.2007

Prix des lecteurs. Vents mauvais sur l’île

 Par Dominic Cooper, éditions Métailié, 192 pages, 18 ¤.

Alasdair Mor habite un hameau abandonné, battu par les vents et les tempêtes. Toujours célibataire, voilà quarante-cinq ans qu’il vit sur cette petite île, située à l’ouest de l’Ecosse. Chaque jour, il part en barque poser ses casiers pour pêcher des homards, et rentre le soir pour s’occuper de ses moutons, de ses poules et de son unique vache. La ferme qu’il occupe se compose d’une pièce unique, où il se chauffe avec de la tourbe et s’éclaire avec une lampe à pétrole. Son lit est une vieille porte faite de cinq planches que supportent quatre grosses pierres. Une existence rude, pauvre, simple, primitive même. «Les années avaient rongé le village jusqu’à ce que n’y vive plus que le plus fort et le plus obstiné de ses habitants. Alasdair Mor, grand par l’amour comme il était grand par la force, s’accrochait à cette vie avec une passion aiguë et inébranlable ». Tout change le jour où, non loin de là, vient s’installer, avec sa femme, un mystérieux inconnu An Sionnach, qui ne tarde pas à lui manifester une haine farouche. « Alasdair avait l’impression que sa vie venait d’être mise en déroute. Il sentait que la routine quotidienne des années avait été détruite par l’arrivée de cet étranger insensé qui paraissait ne connaître ni la peur ni le bon sens ». Dès lors, tous les éléments de la tragédie sont en place. Dans une prose très lente et éminemment descriptive, Dominic Cooper déroule son récit avec une maîtrise envoûtante. Très peu de dialogues et de personnages, dans ce roman. L’intrigue elle-même tient en peu de mots. Mais tout l’art de l’écrivain, toute la beauté du livre, reposent sur la façon dont est rendue l’atmosphère particulière qui règne sur cette île écossaise.

Y.L.   

31.03.2007

Prix des lecteurs. Dominic Cooper, la poésie des Highlands

C’est en Ecosse, dans les Highlands exactement, que Dominic Cooper a trouvé refuge. Là, à l’écart de tout, il peut se consacrer à ses deux passions : l’horlogerie et la poésie.

 

Dominic Cooper est un homme discret : on chercherait en vain, sur internet, des informations développées à son sujet. Tout juste apprend-on, en quelques lignes, qu’il est né en 1944 en Angleterre, qu’il vit dans la région d’Argyll, qu’il est l’auteur de quatre romans et que, pour le premier d’entre eux, « The dead of winter » (« Le coeur de l’hiver »), paru en 1975, il a obtenu, l’année suivante, un prix prestigieux : le « Somerset Maugham award ». Seulement voilà : son dernier roman, « The Horn Fellow », publié en 1987, a reçu un accueil plutôt froid. D’où le relatif silence dans lequel l’écrivain s’est enfermé depuis. Un silence qui, du reste, correspond peut-être à sa nature secrète.

 

Une épreuve: la pension

A l’âge de sept ans, en effet, il a dû aller en pension, une expérience extrêmement pénible pour le petit garçon. « J’étais bon élève et bon en sports, confie-t-il, mais je crois que cette séparation forcée avec ma famille a développé en moi une vie intérieure très intense, un monde que je n’ai jamais voulu partager avec quelqu’un d’autre. » Cette difficulté à vivre en société, Dominic Cooper l’éprouve encore un peu plus tard lorsqu’il va fréquente l’université d’Oxford. Incapable de supporter la pression de la vie étudiante, il mène une vie de reclus et tombe malade. Finalement, renvoyé d’Oxford, il quitte la Grande-Bretagne et voyage en Europe, notamment en Islande et en Suède, avant de se fixer sur l’île de Mull, sur la côte ouest de l’Ecosse. C’est là qu’il commence à écrire « Le coeur de l’hiver ». Mais, malgré le succès de son livre, il se rend compte que la littérature ne lui permettra jamais de vivre.

 

Poète avant tout

En 1973, il passe donc un an à Edinbourg où il apprend le métier d’horloger, qu’il exerce toujours. A côté de sa maison de bois, recouverte d’un toit de gazon, il possède un petit atelier où il répare aussi bien les montres que les vieilles horloges. Aujourd’hui, l’écrivain se consacre essentiellement à la poésie, le genre qu’il a pratiqué quand il s’est lancé dans la littérature : « Par nature, je me sens d’abord et avant tout poète », précise-t-il. « Mais pour moi, la poésie a toujours été une affaire tout à fait personnelle et je n’ai jamais vraiment éprouvé le besoin de la publier.» Rêver devant les horizons lointains, écouter de la musique, parcourir à pied les collines qui entourent son domicile écossais, nager dans la mer froide, sans oublier la bonne chère et les bons vins, tels sont, depuis maintenant plusieurs années, les ingrédients essentiels de la vie quotidienne de Dominic Cooper. Pour autant, la sélection de son tout premier roman pour le Prix des Lecteurs du Télégramme est loin de le laisser indifférent : « Cette nouvelle vague d’intérêt pour mon livre est tout simplement extraordinaire et merveilleuse pour moi », confie-t-il. A tel point qu’il n’exclut pas, devant l’accueil qui a été réservé à la traduction française du « Coeur de l’hiver » - trente ans après sa parution en anglais - de se remettre à écrire.

 

Yves Loisel - Le Télégramme - 31/03/2007

14.03.2007

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