31.05.2007
Hervé Bellec. « Un bon dieu pour les ivrognes »
Bien qu’habitant à Landerneau, Hervé Bellec ne fait guère de bruit, dans le monde des lettres. Pourtant, la dizaine de livres qu’il a écrits l’a solidement installé dans le paysage littéraire de Bretagne.
16:10 Ecrit par dans Hervé Bellec, Portraits, Un bon Dieu pour les ivrognes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Hervé Bellec, Prix des lecteurs du Télégramme, livre
12.05.2007
Emmanuel Pons. Le don de la création
Auteur de chansons, de poèmes, artiste peintre, aujourd’hui écrivain… Emmanuel Pons semble être un touche-à-tout. De génie ? Rendez-vous dans quelques années… En tout cas, l’homme a le don de la création dans le sang.
Interviewer Emmanuel Pons n’est pas forcément une sinécure. Les réponses fusent, courtes, lapidaires même, paradoxales. Manifestement, il n’y a rien de conventionnel chez lui. Qui est-il donc ? Quand on relit ce qu’il a bien voulu nous confier, on sent qu’avant tout, on a affaire à un homme libre et créatif. Emmanuel Pons a pourtant suivi une scolarité qu’il qualifie luimême de « normale » au célèbre collège Stanislas, à Paris. Tout se gâte un peu ensuite. Vu ses capacités, il aurait dû intégrer une grande école, mais de son propre aveu, « ça me gonflait ». Une franchise qu’il complète en affirmant : « Je n’aimais pas l’école, je n’aimais pas apprendre. » Un temps, pourtant, il est devenu chef de pub dans une agence, mais - encore une fois - « ça me gonflait », et, de toute façon, il s’est fait renvoyer : on lui a fait comprendre qu’il avait trop d’idées !
Pas de hiérarchie ni d’horaire
C’est à 23 ans - en 1991 - qu’il trouve sa voie : immobilisé, le bas de la jambe dans le plâtre à la suite d’un match de foot, il se demande comment meubler les quatre semaines qu’il a devant lui. Une idée lui vient : terminer la peinture qu’il avait commencée… quand il avait sept ans ! Ainsi va la vie. Il continue à peindre et expose ses toiles dans le cabinet médical de sa mère: succès ! Il poursuit sur sa lancée, expose ses oeuvres, travaille comme un professionnel accompli. Aujourd’hui, Emmanuel Pons vit de sa peinture, ce qui est conforme à l’idéal de vie qu’il souhaitait : « Je voulais être libre, c’est-à-dire ne dépendre de personne, ne pas avoir d’autorité au-dessus de moi, pas de hiérarchie, pas d’horaire. » Comment en est-il arrivé à la littérature et à son premier roman,
« Je viens de tuer ma femme » ? Il faut d’abord préciser que l’écriture ne lui était pas inconnue : avant la peinture, il avait tâté de la poésie, de la chanson, sans avoir rien appris des techniques et sans grand succès non plus, il est vrai. Et puis, durant l’été 2005, se trouvant un peu désoeuvré, l’idée lui vient, à la suite d’une conversation avec sa compagne sur la mort et les faire-part de deuil qu’il faut envoyer dans ces circonstances, de se lancer dans un roman. « Je pense trop que la mort est naturelle : il ne faut pas en faire tout un plat. J’ai un rapport à la vie qui est très détaché. »
Une question d’énergie
Ainsi le roman trouve-t-il son point de départ. Emmanuel Pons se jette dans le travail et rédige son livre d’un seul jet, en un mois, sans élaborer de plan. Chaque matin, installé devant son ordinateur, il se demandait comment il allait continuer l’histoire. « Mon principe élémentaire : ne pas contraindre ». Fidèle à sa façon de vivre et de travailler, Emmanuel Pons laisse donc filer son imagination : « Il y a l’énergie qui est là, explique-t-il. J’ouvre le robinet et l’énergie sort. Je n’ai jamais travaillé dans la volonté. » En tout cas, l’auteur a des projets. Il a même d’autres livres tout prêts à être publiés : une pièce de théâtre empreinte de spiritualité zen, qu’il a écrite en un mois également, et deux autres romans. Actuellement, il prépare « un ouvrage de développement (très) personnel, spirituel en fait », précise- t-il.
Yves Loisel
14:10 Ecrit par dans Emmanuel Pons, Je viens de tuer ma femme, Littérature, Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Emmanuel Pons, Prix des lecteurs du Télégramme
29.04.2007
Jérôme Tonnerre. « L’Atlantique Sud »
Scénariste reconnu, auteur (ou co-auteur) de près de trente films (« Un coeur en hiver », « Chouans », « Le Bossu »…), Jérôme Tonnerre a une autre belle corde à son arc : la littérature. Et les deux livres autobiographiques qu’il a publiés sont loin d’être passés inaperçus.
Est-ce parce qu’il a vécu une enfance qu’il qualifie lui-même de « solitaire et mélancolique » ? Toujours est-il que, depuis ses dix-neuf ans, Jérôme Tonnerre ne cesse de raconter des histoires. Pour lui ou pour les autres. Tout commence par le cinéma, évidemment. Passionné par le Septième art dès sa jeunesse, il a quinze ans quand il fait la connaissance de François Truffaut, qui enracine sa vocation en lui conseillant de devenir scénariste. C’était en 1974. Dès lors, l’adolescent sait pertinemment que sa vie se déroulera dans le monde du cinéma, ce qui avait le don « de faire ricaner ma mère », souligne-t-il. Mais les remarques maternelles n’y font rien : son fils persiste et signe… ses premiers articles dans la presse spécialisée, avant même d’avoir atteint ses vingt ans. Quant à sa relation avec François Truffaut, elle s’approfondira à un point tel qu’en 1976, Jérôme Tonnerre lui confiera : « Vous êtes pour moi comme un père ».
Un travail collectif
Puis, quelques années plus tard, tout en écrivant des ouvrages sur le cinéma, il devient scénariste et va travailler avec Claude Lelouch, Claude Sautet, Philippe de Broca, Yves Robert… Un travail effectué en étroite collaboration avec les metteurs en scène. « Un scénario est, avant tout, "parlé" », explique Jérôme Tonnerre. « On se raconte, on joue les scènes avant de les rédiger (…). Le cinéma est un art collectif », insiste-t-il. « Un livre, me semble-t-il, c’est le contraire : pour commencer, on l’écrit soi, et pour soi ». Mais quelle joie aussi pour ce scénariste de publier son premier livre, « Le petit voisin » (*), dans lequel il raconte sa rencontre avec François Truffaut. Car, non seulement son récit est bien accueilli par la critique et le public, mais, pour la première fois, il reçoit du courrier, ce qui ne lui était jamais arrivé pour ses films ! Et puis il a le sentiment d’avoir osé, enfin, prendre la parole à titre personnel, d’avoir franchi un pas énorme. « Pour autant, s’empresse- t-il d’ajouter, je ne me suis pas cru tenu de pondre mon oeuf annuellement et d’encombrer les rayonnages ».
En immersion totale dans sa chambre
Il a donc attendu sept ans avant de se mettre à un autre récit autobiographique, « L’Atlantique sud ». Pour écrire ce livre, il a profité d’une période où il ne travaillait pas sur un scénario. « Je me suis dit : "C’est maintenant ou jamais" ». Pas question, en effet, pour Jérôme Tonnerre de mélanger les genres et de mener de front plusieurs projets. « Lorsque j’écris un film ou un livre, je ne peux et ne veux que faire cela, en immersion totale. Je m’astreins donc à une discipline rigoureuse : jusqu’à l’achèvement du texte, je reste des journées entières dans la chambre sous les toits qui me sert de bureau. »
Yves Loisel
(*) Disponible dans la collection Folio.
09:05 Ecrit par dans Atlantique Sud, Jérôme Tonnerre, Littérature, Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Jérôme Tonnerre, Atlantique sud, littérature, prix des lecteurs du Télégramme
20.04.2007
David Serge. Un auteur peut en cacher un autre
Dans le monde des lettres, le petit jeu des pseudonymes alimente régulièrement les conversations. À cet égard, David Serge a apporté une contribution non négligeable à cet aimable divertissement !
Au début de l’année 2006, arrivait en librairie le roman d’un inconnu, comme il en paraît quelques centaines à l’occasion de la « rentrée » de janvier : « les langues paternelles ». Auteur : David Serge. Un roman qui allait susciter des commentaires élogieux en même temps que des interrogations, certains critiques ayant flairé que le nom figurant sur la couverture n’était qu’un masque. Et puis, au mois de mai de la même année, on pouvait lire sur le blog du journaliste Daniel Schneidermann, créateur de l’émission « Arrêt sur images » sur France 5, une confession qui allait en étonner plus d’un : « Il y a plus de cinq ans, un texte a commencé à naître sur mon ordinateur. Il venait d’on ne sait d’où. Mais de loin. (…) Je regardais les mains qui couraient sur le clavier, et c’étaient les miennes. Le texte a inventé son auteur, il s’appelait David Serge. » Ce dédoublement de personnalité, le temps ne l’a pas effacé. Au contraire. On a même l’impression qu’il s’est accentué, renforcé, solidifié.
Cohabitation difficile
Aujourd’hui, quand on interroge l’auteur sur son parcours professionnel, par exemple, il répond sans détour : « La plupart de vos questions ne s’adresse pas à moi mais à Daniel Schneidermann. Il faudrait les lui adresser. Il répondra s’il veut. Moi, je peux tenter de dire si j’arrive à cohabiter avec lui, et encore. Disons que ça dépend des jours. » Dont acte. On ne saura donc rien sur le passage de l’écrivain au Centre de formation des journalistes de Paris, ni sur sa collaboration au Monde, où il a débuté en assurant la chronique de télévision, ni de ses démêlés avec ce journal, ni sur la création d’« Arrêt sur images », qui est pourtant devenue une référence en matière d’analyse médiatique… A l’heure actuelle, seul existe, semble- t-il, David Serge même si Daniel Schneidermann affirme : « Chacun respecte l’autre. Chacun son boulot, chacun sa voix. Un couple moderne. »
Deux livres en préparation
On a pourtant l’impression que David Serge a grandi, qu’il a pris du poids et qu’il va bientôt s’émanciper, prendre le large. « Depuis que j’écris, confie ainsi l’auteur des "Langues paternelles", il [Daniel Schneidermann] a cessé d’écrire des livres, lui. Je crois que ça ne l’amuse plus. » Il ne reste donc plus qu’à attendre la suite des ouvrages signés David Serge. Celui-ci annonce d’ailleurs qu’il en a deux en préparation. Des livres qui ont trait aux rapports entre la langue et l’identité : l’un sur les langues de l’amour et l’identité de l’être amoureux; l’autre sur les langues du sexe et l’identité sexuelle.
Yves Loisel
Blog de Daniel Schneidermann : http://www.bigbangblog.org
10:35 Ecrit par dans David Serge, Littérature, Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : David Serge, Daniel Scneidermann, Prix des lecteurs du Télégramme
Erik Orsenna. A facettes multiples
Ses amis, paraît-il, l’appellent Tintin ! Un surnom qui n’est pas usurpé : comme le héros d’Hergé, Erik Orsenna est un vrai globe-trotter, curieux de tout, qui, à ce jour, s’est rendu dans quelque quatre-vingts pays. À 60 ans, à l’âge où d’autres songent à la retraite, lui s’écrie, avec un enthousiasme de jeune homme : « Je ne sais pas ne rien faire ». De fait, le travail ne lui a jamais fait peur. Pendant onze ans, après la Sorbonne, Sciences Po et la London School of Economics, il enseigne l’économie. Au début des années 80, il fréquente les ministères et même l’Élysée de Mitterrand. En 1985, il entre au Conseil d’État, dont il est en disponibilité depuis sept ans. Puis en mai 1998, il est élu à l’Académie française au fauteuil de... Jacques- Yves Cousteau, un fameux globetrotter, lui aussi ! Voilà pour la vie publique d’Erik Orsenna.
Une discipline de fer
Sa vie privée, intime presque, celle de l’écrivain, il la mène d’une main de fer tôt le matin. Levé tous les jours à 5 h 30, il consacre deux ou trois heures à l’écriture. Une discipline qui a porté ses fruits - près de vingt ouvrages publiés à ce jour, dont « L’Exposition coloniale », prix Goncourt 1988 - et qui correspond au projet qu’il avait conçu dès ses dix ans : devenir écrivain. C’est à sa mère qu’Erik Orsenna doit sa passion pour les livres, qui restent ses meilleurs souvenirs d’enfance. Quand il était petit, elle lui racontait très souvent des histoires. « Il y a deux personnes envers qui j’ai une dette immense : ma mère, qui m’a donné le goût de l’écriture et de la langue française ; et mon père pour Bréhat et le bateau. » Enfant, en effet, le petit Erik passait toutes ses vacances sur l’île de Bréhat. « J’ai appris à naviguer avec mon père sur son île. Les journées étaient ponctuées par les grandes marées, la pêche, les régates, les changements du paysage, d’heure en heure. »
« Je suis, corps et âme, breton »
Pas étonnant, dans ces conditions, que la page d’accueil de son site internet représente un archipel où figurent, comme autant de liens, des renvois à ses derniers livres et à ses différentes activités. « Cela correspond à mon mode de vie, explique l’écrivain. Je n’aime pas l’unité, j’aime les fenêtres. » Aujourd’hui, Erik Orsenna a déserté son île favorite et possède une maison non loin de Paimpol. « J’ai tout Bréhat en face de moi ! », s’exclame-t-il. C’est là qu’il vient passer deux mois chaque été, « avec interdiction absolue de quitter la Bretagne ! J’ai des amis très proches à Brest et à Douarnenez. À Quimper, j’ai des liens familiaux, à La Trinité, j’ai des liens maritimes. Je vais aussi à Saint-Malo. Je suis corps et âme breton. »
Yves Loisel
Site d’Erik Orsenna : http://www.erik-orsenna.com
08:45 Ecrit par dans Erik Orsenna, Littérature, Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Erik Orsenna, Prix des lecteurs du Télégramme
31.03.2007
Prix des lecteurs. Dominic Cooper, la poésie des Highlands
C’est en Ecosse, dans les Highlands exactement, que Dominic Cooper a trouvé refuge. Là, à l’écart de tout, il peut se consacrer à ses deux passions : l’horlogerie et la poésie.
Dominic Cooper est un homme discret : on chercherait en vain, sur internet, des informations développées à son sujet. Tout juste apprend-on, en quelques lignes, qu’il est né en 1944 en Angleterre, qu’il vit dans la région d’Argyll, qu’il est l’auteur de quatre romans et que, pour le premier d’entre eux, « The dead of winter » (« Le coeur de l’hiver »), paru en 1975, il a obtenu, l’année suivante, un prix prestigieux : le « Somerset Maugham award ». Seulement voilà : son dernier roman, « The Horn Fellow », publié en 1987, a reçu un accueil plutôt froid. D’où le relatif silence dans lequel l’écrivain s’est enfermé depuis. Un silence qui, du reste, correspond peut-être à sa nature secrète.
Une épreuve: la pension
A l’âge de sept ans, en effet, il a dû aller en pension, une expérience extrêmement pénible pour le petit garçon. « J’étais bon élève et bon en sports, confie-t-il, mais je crois que cette séparation forcée avec ma famille a développé en moi une vie intérieure très intense, un monde que je n’ai jamais voulu partager avec quelqu’un d’autre. » Cette difficulté à vivre en société, Dominic Cooper l’éprouve encore un peu plus tard lorsqu’il va fréquente l’université d’Oxford. Incapable de supporter la pression de la vie étudiante, il mène une vie de reclus et tombe malade. Finalement, renvoyé d’Oxford, il quitte la Grande-Bretagne et voyage en Europe, notamment en Islande et en Suède, avant de se fixer sur l’île de Mull, sur la côte ouest de l’Ecosse. C’est là qu’il commence à écrire « Le coeur de l’hiver ». Mais, malgré le succès de son livre, il se rend compte que la littérature ne lui permettra jamais de vivre.
Poète avant tout
En 1973, il passe donc un an à Edinbourg où il apprend le métier d’horloger, qu’il exerce toujours. A côté de sa maison de bois, recouverte d’un toit de gazon, il possède un petit atelier où il répare aussi bien les montres que les vieilles horloges. Aujourd’hui, l’écrivain se consacre essentiellement à la poésie, le genre qu’il a pratiqué quand il s’est lancé dans la littérature : « Par nature, je me sens d’abord et avant tout poète », précise-t-il. « Mais pour moi, la poésie a toujours été une affaire tout à fait personnelle et je n’ai jamais vraiment éprouvé le besoin de la publier.» Rêver devant les horizons lointains, écouter de la musique, parcourir à pied les collines qui entourent son domicile écossais, nager dans la mer froide, sans oublier la bonne chère et les bons vins, tels sont, depuis maintenant plusieurs années, les ingrédients essentiels de la vie quotidienne de Dominic Cooper. Pour autant, la sélection de son tout premier roman pour le Prix des Lecteurs du Télégramme est loin de le laisser indifférent : « Cette nouvelle vague d’intérêt pour mon livre est tout simplement extraordinaire et merveilleuse pour moi », confie-t-il. A tel point qu’il n’exclut pas, devant l’accueil qui a été réservé à la traduction française du « Coeur de l’hiver » - trente ans après sa parution en anglais - de se remettre à écrire.
Yves Loisel - Le Télégramme - 31/03/2007
14:40 Ecrit par dans Dominic Cooper, Le cœur de l’hiver, Littérature, Portraits | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Dominic Cooper, Prix des lecteurs du Télégramme, écriture, lecture, écrivain
29.03.2007
Hervé Bellec a dédicacé son dernier livre au Réveil Matin
Vendredi 23 mars, Hervé Bellec est venu dédicacer son dernier livre « Demain j'arrête d'écrire » au Réveil Matin en collaboration avec la librairie de la cité et les éditions Coop-Breizh.
Ce titre est une boutade, « c'est un serment d'ivrogne ou plutôt, pour être dans l'actualité, un serment d'homme politique, un de ceux qu'on ne tient pas, souligne Hervé Bellec ; le prochain s'appellera peut-être : j'ai changé d'avis. En tout cas c'est un pied de nez à toutes les choses que l'on veut nous interdire : ne plus boire, maintenant ne plus fumer. Cet ouvrage est un livre de portraits, de lieux, des impressions que je ressens, c'est un exercice d'écriture " une compil ". Il y a quelques pages sur Landerneau, en particulier la petite sirène de la rue du Chanoine-Kerbrat ».
Adaptation d'un conte
Une école primaire de Gif-sur-Yvette, en région parisienne, a adapté en pièce de théâtre le conte « Yann et le petit menhir qui voulait devenir phare » que Hervé Bellec a écrit avec l'illustrateur Patrick Abgrall. « La dernière semaine de mars, je vais rencontrer les enfants qui ont travaillé avec un metteur en scène pour écrire cette pièce. Ce sera certainement émouvant de voir tous ces enfants des banlieues se prendre pour un petit pêcheur breton ». Un autre ouvrage d'Hervé Bellec, « Un bon dieu pour les ivrognes », est en lice pour le cinquième Prix des lecteurs du Télégramme. Vendredi, il fallait faire la queue pour avoir droit à la dédicace de l'auteur.
09:05 Ecrit par dans Hervé Bellec, Littérature, Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : écrivain, écriture, lecture, livre, Herbvé Bellec, Landerneau
26.03.2007
Dominique Manotti et le roman socio-économique
Ancienne syndicaliste revenue de tout, Dominique Manotti a une formation d’historienne. Voilà une quinzaine d’années, alors qu’elle terminait sa carrière d’enseignante, elle a commencé à écrire des romans qui tiennent à la fois du polar et du roman socio-économique.
Ne dîtes surtout pas à Dominique Manotti qu’elle écrit des « thrillers », elle s’empresse de corriger immédiatement : « Est-ce que j’écris des "thrillers" ? Je n’en suis pas persuadée (...). J’ai le sentiment d’écrire du roman noir, pas du "thriller". » A ce jour, en plus de « Lorraine connection », elle a signé quatre ouvrages : « Sombres sentiers », sur les ateliers clandestins de confection à Paris, « A nos chevaux », qui dénonçait la spéculation immobilière et les milieux hippiques, « Kop », où elle épinglait les magouilles du foot, et « Nos fantastiques années fric », dans lequel elle tirait à vue sur les affaires politico-financières des années Mitterrand. Une militante passionnée C’est d’ailleurs de cette périodelà qu’est née sa vocation d’écrivain. « J’ai commencé à écrire par désespoir, confie-t-elle. J’ai vécu les années Mitterrand comme la destruction de la gauche française, de ses idéaux, de ses projets, de la possibilité même de son existence. » Dieu sait, pourtant, que Dominique Manotti a cru aux « lendemains qui chantent » ! Dans les années 60 - elle avait alors une vingtaine d’années -, alors qu’elle est en faculté d’histoire contemporaine à Paris, elle adhère à l’Union des étudiants communistes. Puis, à partir de 1968, elle milite comme syndicaliste CFDT, a même des responsabilités importantes et participe aux luttes ouvrières des années 70. Mais arrivent la période 1981-1984 : en désaccord avec les rapports qu’entretiennent syndicats et pouvoir en place, elle quitte progressivement le mouvement syndical et se recentre sur l’enseignement de l’histoire économique du XIXe siècle. Un domaine qui n’est pas tellement éloigné de ses préoccupations : « La Révolution industrielle est la naissance de notre monde actuel », fait-elle remarquer. Curieusement, quand elle avait 12-13 ans, Dominique Manotti avait le projet d’étudier l’archéologie et de déchiffrer les cunéiformes crétois ! « J’étais fascinée par le fait de ressusciter des pans d’histoire humaine engloutie », explique l’écrivain. Un projet que les circonstances ont mis de côté mais qui trouve, cependant, un écho dans les romans que Dominique Manotti écrit depuis une douzaine d’années. Une solide documentation Pour chaque livre, en effet, elle effectue un important travail souterrain, se documente énormément en lisant des ouvrages sur le sujet et en consultant des journaux, rencontre des témoins ayant vécu les événements qu’elle veut décrire. Un travail qui lui prend six mois, pendant lesquels elle n’écrit pas une ligne. Ensuite, elle construit son histoire « comme une mécanique la plus précise possible ». Ainsi naissent ses romans noirs qui, assure- t-elle, « correspondent mieux au regard que je porte sur notre monde: un regard désespéré, avec une attention particulière portée aux marges noires de la société, sous ses apparences ordonnées et apaisées. »
Yves Loisel
Le site internet de Dominique Manotti : http://www.dominiquemanotti.com
10:45 Ecrit par dans Dominique Manotti, Lorraine connection, Portraits | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Prix des lecteurs du Télégramme, littérature, livre, écrivain, écriture
14.03.2007
Les portraits d'auteurs pour dévoiler la face cachée des écrivains
La rubrique "Portraits" vous permettra de découvrir jour après jour les entretiens d'Yves Loisel, journaliste du Télégramme, avec les auteurs sélectionnés. Une façon d'approcher l'auteur avant de pouvoir l'interroger directement lors des rencontres dans les bibliothèques et librairies de Bretagne.
07:50 Ecrit par dans Littérature, Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : portraits, écrivains, Prix des lecteurs du Télégramme














