01.06.2007

Un bon dieu pour les ivrognes

Par Hervé Bellec, éditions Coop Breizh, 256 pages, 10 ¤.

Ce livre est composé de dix nouvelles, déjà publiées dans des revues ou différents recueils. Elles ont pour cadre le Finistère et, plus particulièrement les bars de Brest, que Baptiste Cabidoche fréquente avec une belle assiduité. Car Baptiste est le personnage récurrent de ces histoires déjantées, un personnage qu’on suit depuis son adolescence jusqu’à l’âge adulte à travers différentes aventures. Ou plutôt, des mésaventures ! Car il lui en arrive de belles, à ce pauvre garçon ! Il a l’art de se retrouver dans des situations impossibles, de se faire larguer par les filles, qui lui reprochent d’être trop porté sur le whisky - ce qui, ma foi, est la pure vérité ! - ou de rencontrer des personnages aussi paumés que lui, en situation précaire ou carrément en marge de la société, toujours prêts à chuter et à tomber plus bas. Ici, c’est une femme enceinte abandonnée par le père de son enfant et qui cohabite avec deux marginaux, là une femme de banquier délaissée par son mari, là encore une agricultrice bio qui se démène tant bien que mal, pour élever ses enfants… Hervé Bellec a ainsi fait vivre tout un monde, toute une faune, de petites gens, des éclopés de la vie, dans une joyeuse ambiance ! Car on ne s’ennuie pas une seconde avec Baptiste Cabidoche. Malgré ses déboires, il garde le sens de l’humour, un sens de la répartie qui fait rire, une ironie qui fait mouche. Quant à ses compagnons de malheur, ce sont, eux aussi, des personnages sympathiques. L’auteur a su croquer des tranches de vie, dans un style vivant, parfaitement adapté à ses héros de passage, et a su rendre l’ambiance des lieux où ils évoluent. Le livre est à la fois drôle et dur, mais ainsi va la vie du brave Baptiste Cabidoche !

Y.L.  

Signalons, par ailleurs, qu’Hervé Bellec vient de publier, aux éditions Coop Breizh, un recueil de textes courts intitulé « Demain, j’arrête d’écrire ».      

31.05.2007

Hervé Bellec. « Un bon dieu pour les ivrognes »

Bien qu’habitant à Landerneau, Hervé Bellec ne fait guère de bruit, dans le monde des lettres. Pourtant, la dizaine de livres qu’il a écrits l’a solidement installé dans le paysage littéraire de Bretagne.

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24.05.2007

Prix des lecteurs. Rencontre avec Agualusa à Lanester

La rencontre avec José Eduardo Agualusa, auteur de Marchand de passés, se tiendra le vendredi 25 mai à 20 heures à Bibliothèque municipale (Rue Jean-Paul Sartre) de Lanester (56)

21.05.2007

Rencontre avec Ron Barkaï à Brest

Une rencontre avec Ron Barkaï, auteur de Comme un film égyptien, se tiendra le mercredi 23 mai à la Librairie Dialogues à Brest.

14.05.2007

JE VIENS DE TUER MA FEMME

 Par Emmanuel Pons, éditions Arléa, 160 pages, 14 ¤.

 

Hasard des titres. Voilà quelques années, Claire Fourier lançait, menaçante: « Je vais tuer mon mari» (Bartillat, 1998) ; Emmanuel Pons, lui, nous annonce froidement: « Je viens de tuer ma femme » ! La différence, c’est que l’héroïne de Claire Fourier s’en est tenue aux intentions, alors que le narrateur de ce premier roman - qui porte le même nom que l’auteur - est passé à l’acte ! Il est même devenu, au fil de ses visites chez ses voisins, un tueur en série... C’est ce qu’il explique, avec lucidité et cynisme, dans ce récit macabre et insensé, qui s’étend sur sept jours et qui a pour cadre un petit village de Seine-Maritime, Oherville. Que le lecteur ne s’attende pas, pour autant, à des descriptions bucoliques de la campagne normande: tout se passe dans l’esprit complètement détraqué du héros, qui ne cesse de monologuer ou, suivant les circonstances, de s’adresser à sa femme, Sylvie, qu’il vient de supprimer et de placer dans le congélateur de la buanderie en attendant mieux. « Je confie à Sylvie mon angoisse. J’aimerais tellement qu’elle me soutienne ! M’a-t-elle seulement compris une fois, Peut-être. L’ai-je assez regardée pour voir si elle me comprenait ? » D’après Emmanuel, Sylvie l’accablait de reproches, de remontrances, de critiques. En fait, une insatisfaction profonde perturbait leurs relations. Peut-être parce qu’ils n’avaient pas eu d’enfant… Ce sont tous ces souvenirs, ces occasions manquées qu’Emmanuel Pons ressasse et rumine dans un tourbillon que l’auteur a rendu avec une grande maîtrise de style et un humour noir, grinçant, dérangeant. Mais à travers les cris du héros, ses déchirements, les horreurs qu’il peut proférer, on sent aussi un élan, un grand besoin d’écoute et - le croira-t-on ? - de la tendresse, une chaleur que n’avait jamais pu exprimer ce mari dont le coeur étouffait.

Y.L.  

13.05.2007

Emmanuel Pons. Vous avez dit "bizarre" ?

La venue d’Emmanuel Pons à la librairie Dialogues, à la mi-avril, a suscité des commentaires pour le moins divers. Manifestement, le peintre-écrivain a laissé des traces dans les mémoires. Ses recherches spirituelles, sa façon d’envisager la vie ou l’éducation des enfants fait dire qu’il est « très, très bizarre. Chez Dialogues, tout le monde se regardait… C’est quelqu’un de très spécial »… Quant à son livre, chacun s’accorde pour penser qu’il a « un humour particulier, mais qu’en fin de compte, c’est une histoire d’amour. »
Par contre, les détails parfois un peu morbides ont incité certaines lectrices à laisser de côté certains passages !  

12.05.2007

Prix des lecteurs. Rappel des rencontres à venir

-  Loperhet, samedi 12 mai à 10 h 30 à la bibliothèque municipale (Place Saint-Yves) : Hervé Bellec («Un bon dieu pour les ivrognes », Coop Breizh). 

- Morlaix, mardi 22 mai à 12 h au siège de la compagnie Brit Air : Erik Orsenna (« Voyage aux pays du coton », Fayard).

- Brest, mercredi 23 mai à 18 h à la librairie Dialogues : Ron Barkaï (« Comme un film égyptien », Fayard).

- Saint-Avé, jeudi 24 mai à 18 h à la bibliothèque municipale (1 rue des Droits de l’Homme) : Jose Eduardo Agualusa (« Le Marchand de passés », éditions Métailié).

- Plougastel-Daoulas, vendredi 25 mai à 18 h 30 à la médiathèque Anjela-Duval : Hervé Bellec.

- Lanester, vendredi 25 mai à 20 h à la bibliothèque municipale (rue Jean-Paul Sartre) : Jose Eduardo Agualusa.  

Emmanuel Pons. Le don de la création

Auteur de chansons, de poèmes, artiste peintre, aujourd’hui écrivain… Emmanuel Pons semble être un touche-à-tout. De génie ? Rendez-vous dans quelques années… En tout cas, l’homme a le don de la création dans le sang.

Interviewer Emmanuel Pons n’est pas forcément une sinécure. Les réponses fusent, courtes, lapidaires même, paradoxales. Manifestement, il n’y a rien de conventionnel chez lui. Qui est-il donc ? Quand on relit ce qu’il a bien voulu nous confier, on sent qu’avant tout, on a affaire à un homme libre et créatif. Emmanuel Pons a pourtant suivi une scolarité qu’il qualifie luimême de « normale » au célèbre collège Stanislas, à Paris. Tout se gâte un peu ensuite. Vu ses capacités, il aurait dû intégrer une grande école, mais de son propre aveu, « ça me gonflait ». Une franchise qu’il complète en affirmant : « Je n’aimais pas l’école, je n’aimais pas apprendre. » Un temps, pourtant, il est devenu chef de pub dans une agence, mais - encore une fois - « ça me gonflait », et, de toute façon, il s’est fait renvoyer : on lui a fait comprendre qu’il avait trop d’idées !

Pas de hiérarchie ni d’horaire
C’est à 23 ans - en 1991 - qu’il trouve sa voie : immobilisé, le bas de la jambe dans le plâtre à la suite d’un match de foot, il se demande comment meubler les quatre semaines qu’il a devant lui. Une idée lui vient : terminer la peinture qu’il avait commencée… quand il avait sept ans ! Ainsi va la vie. Il continue à peindre et expose ses toiles dans le cabinet médical de sa mère: succès ! Il poursuit sur sa lancée, expose ses oeuvres, travaille comme un professionnel accompli. Aujourd’hui, Emmanuel Pons vit de sa peinture, ce qui est conforme à l’idéal de vie qu’il souhaitait : « Je voulais être libre, c’est-à-dire ne dépendre de personne, ne pas avoir d’autorité au-dessus de moi, pas de hiérarchie, pas d’horaire. » Comment en est-il arrivé à la littérature et à son premier roman,   

« Je viens de tuer ma femme » ? Il faut d’abord préciser que l’écriture ne lui était pas inconnue : avant la peinture, il avait tâté de la poésie, de la chanson, sans avoir rien appris des techniques et sans grand succès non plus, il est vrai. Et puis, durant l’été 2005, se trouvant un peu désoeuvré, l’idée lui vient, à la suite d’une conversation avec sa compagne sur la mort et les faire-part de deuil qu’il faut envoyer dans ces circonstances, de se lancer dans un roman. « Je pense trop que la mort est naturelle : il ne faut pas en faire tout un plat. J’ai un rapport à la vie qui est très détaché. »

Une question d’énergie
Ainsi le roman trouve-t-il son point de départ. Emmanuel Pons se jette dans le travail et rédige son livre d’un seul jet, en un mois, sans élaborer de plan. Chaque matin, installé devant son ordinateur, il se demandait comment il allait continuer l’histoire. « Mon principe élémentaire : ne pas contraindre ». Fidèle à sa façon de vivre et de travailler, Emmanuel Pons laisse donc filer son imagination : « Il y a l’énergie qui est là, explique-t-il. J’ouvre le robinet et l’énergie sort. Je n’ai jamais travaillé dans la volonté. » En tout cas, l’auteur a des projets. Il a même d’autres livres tout prêts à être publiés : une pièce de théâtre empreinte de spiritualité zen, qu’il a écrite en un mois également, et deux autres romans. Actuellement, il prépare « un ouvrage de développement (très) personnel, spirituel en fait », précise- t-il.

Yves Loisel  

09.05.2007

Rencontre avec Jean-Michel Delacomptée à Plomeur

Vendredi 11 mai à 20h00, les lecteurs pourront rencontrer Jean-Michel Delacomptée, auteur de La vie de bureau, au Manoir de Kerazan à Plomeur / Loctudy.

Renseignements au 02 98 87 98 57

30.04.2007

Prix des lecteurs. La mère à la mer

medium_L_atlantique_sud.5.jpgL’ATLANTIQUE SUD
Par Jérôme Tonnerre, éditions Grasset, 280 pages, 16,90 ¤.

« Partir, c’est mourir un peu, mais mourir, c’est partir beaucoup ». Quand on lit cette citation d’Alphonse Allais, placée en épigraphe, on se dit que ce roman ne doit pas engendrer la mélancolie ! De fait, malgré le sujet, Jérôme Tonnerre, qui est à la fois l’auteur et le héros de cette aventure, sait provoquer le sourire et le rire. Avant de mourir, en 1991, sa mère, Anna Tonnerre, avait exprimé le voeu que ses cendres soient dispersées dans l’Atlantique Sud. Un souhait qui pose un sérieux cas de conscience au fils, qui a la phobie des voyages ! « A la valise, il avait préféré le cercueil », écrit ainsi Jérôme, avec cet humour - noir, un peu macabre parfois - qui ne le quitte pas tout au long de ce livre. Mais, en bon fils consciencieux, il cherche à respecter le voeu d’Anna. Il se met donc à chercher : où exactement dans l’Atlantique Sud faut-il disperser les cendres maternelles ? Et surtout, pourquoi dans cette zone ? Son enquête va l’emmener très loin dans l’histoire de sa famille et dans les relations que sa mère entretenait avec son frère, sa soeur et son mari. On découvre ainsi une famille extrêmement complexe - à 32 ans, Jérôme lui-même continue de consulter le pédiatre de son enfance ! -, aux rapports parfois difficiles. À une époque, Anna avait même disparu pendant deux mois du domicile familial. A son retour, elle avait commencé à déprimer et à boire. Pourquoi ? Avec qui était-elle partie ? C’est ce qu’apprendra Jérôme lors de son enquête. Une enquête au terme de laquelle il se trouvera libéré : en larguant ses cendres du haut d’un hélicoptère au large de l’île d’Yeu, il brisera les liens avec sa mère, et il découvrira, en même temps, l’amour auprès d’une jeune femme avec qui il se sent prêt à partir en voyage ! Au total, Jérôme Tonnerre a écrit là un roman riche, plein de malice, de verve aussi, ponctué de trouvailles verbales, et d’une autodérision très drôle.

Y.L.

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