01.06.2007
Un bon dieu pour les ivrognes
Ce livre est composé de dix nouvelles, déjà publiées dans des revues ou différents recueils. Elles ont pour cadre le Finistère et, plus particulièrement les bars de Brest, que Baptiste Cabidoche fréquente avec une belle assiduité. Car Baptiste est le personnage récurrent de ces histoires déjantées, un personnage qu’on suit depuis son adolescence jusqu’à l’âge adulte à travers différentes aventures. Ou plutôt, des mésaventures ! Car il lui en arrive de belles, à ce pauvre garçon ! Il a l’art de se retrouver dans des situations impossibles, de se faire larguer par les filles, qui lui reprochent d’être trop porté sur le whisky - ce qui, ma foi, est la pure vérité ! - ou de rencontrer des personnages aussi paumés que lui, en situation précaire ou carrément en marge de la société, toujours prêts à chuter et à tomber plus bas. Ici, c’est une femme enceinte abandonnée par le père de son enfant et qui cohabite avec deux marginaux, là une femme de banquier délaissée par son mari, là encore une agricultrice bio qui se démène tant bien que mal, pour élever ses enfants… Hervé Bellec a ainsi fait vivre tout un monde, toute une faune, de petites gens, des éclopés de la vie, dans une joyeuse ambiance ! Car on ne s’ennuie pas une seconde avec Baptiste Cabidoche. Malgré ses déboires, il garde le sens de l’humour, un sens de la répartie qui fait rire, une ironie qui fait mouche. Quant à ses compagnons de malheur, ce sont, eux aussi, des personnages sympathiques. L’auteur a su croquer des tranches de vie, dans un style vivant, parfaitement adapté à ses héros de passage, et a su rendre l’ambiance des lieux où ils évoluent. Le livre est à la fois drôle et dur, mais ainsi va la vie du brave Baptiste Cabidoche !
Y.L.
Signalons, par ailleurs, qu’Hervé Bellec vient de publier, aux éditions Coop Breizh, un recueil de textes courts intitulé « Demain, j’arrête d’écrire ».
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31.05.2007
Hervé Bellec. « Un bon dieu pour les ivrognes »
Bien qu’habitant à Landerneau, Hervé Bellec ne fait guère de bruit, dans le monde des lettres. Pourtant, la dizaine de livres qu’il a écrits l’a solidement installé dans le paysage littéraire de Bretagne.
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24.05.2007
Rencontre avec Hervé Bellec à Plougastel-Daoulas, vendredi 25 mai à 18h30
Une rencontre avec Hervé Bellec, auteur de Un bon dieu pour les ivrognes, aura lieu vendredi 25 mai à 18h30 à médiathèque Anjela Duval (6 rue Louis Nicolle) à Plougastel-Daoulas (29).
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19.04.2007
Rencontre avec Hervé Bellec à Languidic (56)
La rencontre avec Hervé bellec, auteur d'Un bon dieu pour les ivrognes, aura lieu le samedi 21 avril à 17h30 à la bibliothèque municipale de Languidic.
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26.03.2007
Prix des lecteurs. Un bon dieu pour les ivrognes (3/3)
On n’était pas arrivé à Chartres que celui avec des moustaches et une sirène toute nue tatouée sur l’avant-bras m’a roté en pleine poire avec une voie rauque :
- Hé, toi, l’intello, bois une tasse avec nous !
J’ai répondu non, je vous remercie beaucoup, monsieur, mais je n’aime pas la bière. Ça me donne des renvois.
Il a aboyé comme un doberman :
- M’appelle pas monsieur, appelle-moi l’Ancien !
Puis il a froncé les sourcils en prenant un air menaçant :
- T’as peut-être quelque chose contre la Marine, la bleusaille ?
J’ai bafouillé non, non, pas du tout, monsieur l’Ancien, au contraire, que j’espérais bien y aller plus tard quand viendrait mon tour, et c’est ainsi que je me suis retrouvé avec une canette de bière et une gauloise sans filtre entre les mains. On a trinqué. Entre hommes.
C’était pas bon, Dieu du Ciel, c’était tiède.
- Hé, Nanard, écoute-moi ce branleur ! Il veut déjà s’engager dans la Royale.
Nanard, c’était le petit gros au crâne rasé assis juste en face. Lui aussi portait le tatouage d’une sirène à poil mais avec des seins plus petits et moins jolis.
- On va fêter ça, a-t-il ricané. On va lui saouler la gueule au branleur ! Tiens, avales-en une autre. A la tienne.
Primo, j’étais pas un branleur, ça me ferait bien mal, deuzio la Marine, si c’est comme la pension,…
(Extrait d'Un bon dieu pour les ivrognes d'Hervé Bellec)
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25.03.2007
Un bon dieu pour les ivrognes (2/3)
J’aurais tout donné, j’aurais donné cinq ans de ma vie et j’avais quoi, sagouin que j’étais, j’avais quatorze ans et demi à tout casser, pour ne pas y être sur ces foutus rails, mais, voilà, on m’avait réglé mon compte en deux coups de cuiller à pot sans que je puisse faire ouf et bon voyage encore une fois. J’ai embrassé les joues toutes mouillées de ma mère et j’ai sauté dans le train sans me retourner. Il y avait plein de marins dans le compartiment, il n’y avait que des marins. Moi, chialer devant des marins ? Plutôt crever.
J’ai trouvé une place près de la porte. Un vrai bazar que ce compartiment, un foutoir. Ça empestait à plein nez la cigarette et le jus de chaussette, le jus de chaussette de pied de marin. Je les observais de biais. Ils sifflaient des canettes de bière à tire-larigot et c‘était à qui raconterait les histoires les plus dégueulasses. Le bordel à Tanger, les trois pédés sur l’île déserte, les fausses blondes. Des blagues à deux balles.
Tout seul dans mon coin, moi je préférais me tenir à carreau et faire semblant de ne pas les écouter. Je lisais un bouquin qui faisait de son mieux pour essayer de m’emmener ailleurs, au pays des ours blancs et des chercheurs d’or, mais peine perdue, c’est à Brest que j’allais.
Brest. Rien que le nom résonnait comme un ordre.
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24.03.2007
Un bon dieu pour les ivrognes (1/3)
Hélène Habasque
A mes fils
En pension, on m’avait mis. En pension, tout au bout là-bas, chez les péquenots, Notre-Dame-de-je-sais-pas-quoi, m’en rappelais plus, m’en foutais pas mal, personne m’avait demandé mon avis, personne, on m’avait simplement jeté dans le train avec ma valise et mon casse-croûte pace qu’on ne savait plus quoi faire de moi, que tout ça c’était pour mon bien, que le plus dur c’était pour eux, tu verras, tu viendras un jour nous remercier et bon voyage, alors Brest ou ailleurs, ça m’était bien égal, y’aurait eu marqué Trifouilly-les-Oies sur mon ticket, la belle affaire, j’allais en pension, et la pension, pas la peine de me raconter des bobards, c’est partout pareil, lentilles au lard et bite au cirage.
- Une institution très bien, avait promis Monsieur l’abbé, d’excellents résultats. Croyez-moi, votre fiston, on va le remettre sur les rails !
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